Les Constitutions d’Anderson marquent un jalon décisif dans la longue histoire de la Franc­-Maçonnerie.

Leur première édition parue sous le titre « The Book of Constitutions » date de 1723.

Les rééditions ultérieures datent de 1738, 1756, 1764 et 1774 cette dernière étant publiée sous l’égide de la Grande Loge dite des « Modernes ». Incontestablement, les deux principales éditions sont celles de 1723 et de 1738 ; concernant cette dernière, nous l’évoquerons à la fin de cet exposé pour en préciser l’originalité et l’importance.

La parution des Constitutions précisément à cette époque n’est pas un hasard, mais une des conséquences de l’histoire agitée de l’Angleterre au cours des deux siècles précédents (16ème et
17ème).

Bien sûr, la Franc-Maçonnerie existait bien avant 1723, mais en cette circonstance c’est une nouvelle Maçonnerie qui voit le jour : Les Constitutions d’Anderson constituent l’extrait de naissance de la Maçonnerie que l’on appellera spéculative par opposition à l’ancienne Maçonnerie dite opérative.­

Les Constitutions ont été rédigées sur le modèle des Anciens Devoirs ou Old Charges, type Regius (1390) et Cooke (1410), qui comprenaient une 1ère partie historique sur la Légende du Métier et une 2ème partie consacrée aux Devoirs et Obligations relatifs au Métier et à l’éthique générale.

Les Old Charges étaient fondamentalement chrétiens, Catholiques (L’Angleterre de l’époque était catholique). Ils ont été rédigés pour la première fois au Moyen Age, époque des Croisades, de la Chevalerie, de la Féodalité et des Ordres Monastiques. Le prodigieux essor qui a vu l’Europe se couvrir des joyaux de l’Art Roman et de l’Art Gothique s’essouffle et se tarit. Les Loges commencent à péricliter ; elles se décident à admettre dans leur sein des non opératifs, c’est à dire des Spéculatifs, Notables, Bourgeois principalement tout d’abord, puis nobles.

Après la construction du Temple de Pierre, le but poursuivi va être la construction du Temple intérieur, du Temple en Esprit, sur le modèle du Temple de Salomon.

Le 24 juin 1717, jour de la Saint-Jean, 4 Loges Londoniennes (l’oie et le gril, la couronne, la taverne du pommier et la coupe et le raisin) se réunissent et fusionnent en une seule Grande Loge (Grande Loge de Londres) dirigée par un Grand Maître. Le concept d’obédience vient de voir le jour par cet acte fondateur. .

Auparavant les loges étaient indépendantes. Cette date marque la première tentative de constituer une fédération de loges ; L’élan qui vient d’être donné va être irréversible, même si au début il y a eu des résistances et des oppositions.

La rédaction des Constitutions d’Anderson dont la première édition date de 1723 c’est à dire très peu de temps après la fondation de la 1ère Grande Loge a pour but de bien définir ce que sera désormais la Maçonnerie spéculative.

Pour comprendre la motivation des Constitutions, il ne faut pas perdre de vue l’Histoire religieuse récente de l’Angleterre (16ème et 17ème), qui est marquée par de multiples péripéties dramatiques qui ont secoué le Pays. Un grand désir de paix s’était instauré après toute cette agitation.

Ce sera le grand dessein de la Maçonnerie spéculative du 18ème siècle et l’une des raisons principale ayant amené la rédaction des Constitutions.

Ces dernières sont constituées de 4 parties dont aucune n’est à privilégier :

Le Titre exact de l’ouvrage est : Les Constitutions des Francs-Maçons contenant l’Histoire, les Obligations, Règlements, etc. de cette très Ancienne et Très Vénérable Confrérie, à l’usage des Loges.
Imprimé par William Hunter pour John Senex au Globe et John Hooke à La Fleur de Lis en face de l’église St. Dunstan, dans Fleet Street, à Londres, en l’année Maçonnique 5723 et en l’an de Grâce 1723.

La page de frontispice représente le Duc de Montagu, Grand Maître sortant et le Duc de Wharton, nouveau Grand Maître. Ils sont escortés de hauts dignitaires, dont Jean Théophile Désaguliers.

Le plan de l’ouvrage de l’Edition originale est le suivant :

  1. Page 1 à 48       Historique de la Maçonnerie
  2. Page 50 à 57     Les Obligations (charges) du Franc-Maçon
  3. Page 58 à 70     Les Règlements Généraux (General Regulations) suivis de La Manière de constituer une Loge
  4. Page 75 à 84 Quatre Chants Maçonniques suivis de leur musique et pour terminer :  L’ordre du Duc de Wharton de publier l’ouvrage et de le recommander à l’usage des Loges.

Le premier Grand-Maître, de la Grande Loge de Londres, en 1717 avait été Anthony Sayer. En 1718 lui avait succédé George Payne, puis en 1719 Jean Théophile Désaguliers; en l720 de nouveau George Payne en 1721 ce dernier présentait les Nouveaux Règlements qui furent acceptés par la Grande Loge ,mais ne semblent pas alors avoir été imprimés. Sont-ce ceux qu’Anderson présente dés la 3ème partie de ses Constitutions ?

En 1721 le Duc De Montagu est nommé Grand-Maître (pour la 1ère fois, c’est un noble qui occupe la Charge). C’est lui qui charge Anderson de mettre en ordre les Anciens Devoirs et de les adapter à la Nouvelle Maçonnerie ;

Ce premier Document manuscrit sera « audité » par 14 FF désignés par le Grand Maître.

Le 25 mars 1722, en présence des membres de 20 Loges, le Comité des 14 FF fait son rapport qui approuve les Constitutions après quelques amendements et exprime le désir que le Grand-Maître ordonnât quelles fussent imprimées.

Il semble utile de décrire brièvement deux des principaux acteurs qui sont à l’origine des Constitutions.

Tout d’abord J.T. Désaguliers (1683-1744) : son père est Pasteur de l’église réformée d’Aytré, près de la Rochelle. Il quitte la France au lendemain de la Révocation de l’Edit de Nantes.

Jean Théophile est à son tour ordonné Prêtre en 1717. C’est un homme de science, vulgarisateur de talent .11 fait connaître Newton. Il sera Grand Maître en 1719 et Député GM en 23,24 et 25.

Il ne laisse pas d’écrits maçonniques et reste fidèle à la FM jusqu’à sa mort.

Anderson (1680-1739) est né à Aberdeen. Il obtient une maîtrise d’Art en 1698 ; il fait des études de théologie et comme Désaguliers il est nommé pasteur de l’église presbytérienne. Son père est Maçon. Il arrive à Londres en 1709. C’est un érudit. Il a étudié l’Hébreu. Il écrit beaucoup : sermons, ouvrages de généalogie, une dissertation intitulée « Unity in trinity and trinity in unity ».

Il apparaît en Grande Loge en 1721. En 23 il est à la fois Maître de la Loge N° 17 et Second Grand Surveillant de la Grande Loge. Puis il n’occupe plus d’office jusqu’en 1735 où il est 1er Grand
Surveillant. En 1738 il obtient en Grande Loge l’autorisation de faire tirer une seconde édition de ses Constitutions. Il meurt en 1739 et à des obsèques maçonniques.

En 1730 il avait écrit une « Défense de la Maçonnerie » en réponse à la « Masonry dissected » de Prichard qui fut la 1ère grande divulgation du secret maçonnique.

Les sources d’Anderson :

Quelles sources a utilisé Anderson ? Comment les a-t-il utilisées ?

Concernant les Old Charges, il ne disposait pas alors des quelques 150 manuscrits qui ont été collectés à ce jour. On suppose néanmoins qu’il a utilisé au moins 3 textes : Le Cooke (1425)
un Manuscrit du type Plot-Watson (fin du 16ème) et un Manuscrit type Sloane (17ème).

Dans la 1ère partie des Constitutions, la Partie Historique, il évoque la haute antiquité, la basse antiquité et la période romaine, la partie vétérotestamentaire et pour finir après la période succédant à la chute de Rome, il va principalement développer l’Histoire du monde anglo-saxon.

Il privilégie, l’Histoire d’Israël aux dépens des autres grandes Civilisations du bassin périméditerranéen. Il s’appuie beaucoup sur la Bible et ses récits mythiques : Le Temple de Salomon y occupe déjà une place non négligeable. Au plan purement maçonnique, Salomon est privilégié à Hiram. La chronologie historique est généralement cohérente, même si on constate quelques anachronismes.

Nombre de personnages de ces époques reculées, qu’ils soient bibliques ou historiques, sont décrits comme s’ils étaient réellement des dignitaires d’un Ordre maçonnique. Anderson aime bien mêler l’Histoire et la Légende. Il installe du même coup la récente fondation de la Grande Loge de Londres dans un temps mythique : celui de l’Adam universel.

Il fait partir la Maçonnerie depuis Adam créé à l’image de Dieu, GADLU, et qui dut recevoir de ce dernier, en don, les Sciences Libérales et en particulier, la Géométrie, fondement de tous les
Arts, particulièrement de la Maçonnerie et de l’Architecture.

A leur tour les descendants d’Adam reçurent de leur père et transmirent à leur descendance cet enseignement. C’est ainsi qu’Anderson évoque Caïn et Seth d’une part, Noé, Japhet, Sem et Cham d’autre part.

Evocation de la Tour de Babel, ouvrage symbolique de la vanité des Hommes, cause de leur dispersion.

Anderson parle ensuite de l’antiquité mésopotamienne avec ses grandes cités, de l’Egypte et ses Pyramides, puis revient à la postérité de Sem, avec Abraham, les Patriarches, Moïse, la tente ou tabernacle la shekina, c’est à dire la présence de Dieu et sur le modèle de laquelle, ultérieurement à Jérusalem, Salomon fit édifier le Temple, «selon les canons de la science Maçonnique».

Anderson fait alors référence à Hiram, homonyme du Roi Hyram de Tyr et « le Maçon le plus accompli de la Terre » ; il donne une description extrêmement détaillée du Temple, avec sa tripartition, ses colonnes, ses pilastres, ses chapiteaux, ses fenêtres, son dallage, dont la réalisation a été effectuée selon les canons de l’Art Royal, Salomon étant Grand-Maître de la Loge de
Jérusalem, le Roi Hiram, Grand-Maître de la Loge de Tyr et Hiram Abi, Maître des Travaux.

Il considère que le Temple de Salomon servit ensuite de modèle à la Maçonnerie dans tous les pays voisins d’Israël, jusqu’en Grèce et à Rome, à l’ouest, en Inde, à l’Est.                                       ,

Mention est de nouveau faite de la Mésopotamie, puis, de la captivité des juifs après la chute du Temple, puis de la construction du second Temple à Jérusalem (le Temple de Zorobabel), après la destruction du Temple de Salomon.

Anderson poursuit ensuite cette partie historique de ses Constitutions, faisant référence à la Grèce avec Thalès, Pythagore, Euclide, à l’Asie Mineure avec le Mausolée d’Halicarnasse, à l’Egypte, avec le Phare d’Alexandrie, à Rome avec Auguste « Grand Maître de la Loge de Rome ».

A chaque évocation des grandes civilisations du passé, il ne manque pas de dire que leur grandeur est due à leur grande science maçonnique.

Il poursuit son Histoire : Le Bas Empire Romain, puis après la chute de Rome, nombreuses références au monde anglo-saxon et en particulier à l’histoire de l’Angleterre paix normande, Guillaume le conquérant, Edouard III, Athelstan, Edwin…etc. ),  sur laquelle il serait trop long de s’étendre. C’est en fait une adaptation du Watson et du Cooke.

Ensuite Anderson reprend la plume avec Henri IV, Elisabeth, Jacques VI, l’Art Gothique pour lequel il professe des sentiments mêlés, n’en devinant pas la haute spiritualité. Par contre, il se montre beaucoup plus pénétrant sur la Renaissance Italienne.

Il fait un panégyrique de l’Angleterre « qui deviendra Maîtresse du Monde pour les plans, dessins et la conduite des travaux et sera capable d’instruire toutes les autres nations dans tout ce qui concerne  « l’Art Royal ».

Anderson prend beaucoup de liberté avec la réalité de l’appartenance maçonnique de certains souverains (les lers Stuart, Guillaume d’Orange, Saint Alban, Athelstan, Edwin par exemple…).

Cette approche historique pas toujours très rigoureuse dans sa description rend globalement hommage à l’Ancien Testament, aux Mathématiques (surtout la Géométrie), à l’Architecture, mais
néglige l’Esotérisme (Les Mystères Antiques ne sont pas évoqués ; nous ne sommes qu’aux premiers âges de la Maçonnerie spéculative).

Pour Anderson, depuis les origines, l’Humanité a progressé grâce à la Connaissance Maçonnique, sous l’inspiration du Dieu d’Israël qui a inscrit la maçonnerie dans le coeur d’Adam et de ses descendants.

Concernant l’Histoire récente, il admet l’affaiblissement de « la vraie Maçonnerie » pendant les guerres civiles de 1640 et de 1666. Il dit que Guillaume la restaura après la Révolution et fut peut-être Maçon.

Mais Il ne parle pas du tout de « l’acceptation » qui est en fait la marque la plus significative de la Maçonnerie de l’époque. Le fait-il par souci de calmer les litiges internes entre les Gentlemen et les Opératifs ?

Globalement, Anderson montre dans cette première partie historique sa bonne culture biblique et classique.

On peut lui reprocher cependant sa discrétion sur le 17ème et le début du 18ème Siècle …mais peut-être ne voulait-il pas, là aussi, évoquer le passé récent et agité de l’Histoire de l’Angleterre…

LES OBLIGATIONS

Leur Plan est le suivant :

  1. De Dieu et de la Religion
  2. Du Magistrat Civil Suprême et Subordonné
  3. Des Loges
  4. Des Maîtres, Surveillants, Compagnons et Apprentis
  5. De la Gestion du Métier durant le Travail
  6. De la conduite à savoir :
  • Dans la Loge pendant qu’elle est constituée
  • Après que la Loge est finie et tant que les FF ne sont pas partis
  • Quand les FF se rencontrent sans étrangers, mais non en Loge
  • En présence d’étrangers non Maçons
  • Chez soi et dans le voisinage
  • Envers un Frère étranger

 

Les Obligations sont les Articles les mieux connus des Constitutions :

L’Article 1er,  « concernant Dieu et la Religion » a été modifié lors de l’édition de 1738, faisant alors référence au caractère noachique de la maçonnerie,  c’est à dire ouvrant cette dernière aux non chrétiens « qui sont maintenant seulement tenus d’adhérer à cette religion sur laquelle tous les hommes son d’accord, c’est à dire d’être hommes de bien et loyaux, hommes d’honneur et de probité quels que soient les noms, religions ou confessions qui aident à les distinguer:car tous s’accordent sur les trois grands articles de Noé, c’est assez pour préserver le ciment de la loge. Ainsi la Maçonnerie est leur centre d’union et l’heureux moyen de concilier les personnes qui autrement n’auraient pu que rester perpétuellement étrangères. »

En 1723, en Angleterre, le Catholicisme est depuis longtemps vaincu par l’Anglicanisme. Toute l’Histoire récente de l’Angleterre est ponctuée par les échos de cette lutte que le pays a mené contre Rome et qui a débuté sous Henri VIII. Il existe par contre une grande tolérance pour tout ce qui ne dépend pas de Rome. C’est Voltaire qui écrivait en 1730 « L’Anglais, en homme libre, va au ciel par le chemin qui lui plaît ».

Qu’est en fait le protestantisme anglais ?

Les idées calvinistes de prédestination semblent en recul. En fait c’est le « Latitudinarisme » qui prédomine avec la pensée de Locke divulguée dans son oeuvre « Le christianisme raisonnable (1695) ». Pour, lui, le dogme chrétien est conciliable avec la Religion naturelle, l’idée de gouvernement du Monde et la vertu morale. La tolérance civile est une nécessité. On voit là les ­prémices de la laïcité­.

Il ne faut pas oublier que le 17ème siècle a été faste au plan scientifique pour l’Angleterre avec la Royal Society et Newton comme figure de proue. Pour ce dernier « Dieu crée perpétuellement le Monde ». A rapprocher bien sûr du concept de GADLU.

La croyance en Dieu reste le dénominateur commun et l’athéisme est considéré comme une absurdité, une stupidité. Il y avait alors en fait très peu d’Athées, plutôt des sceptiques. Le thème « athée stupide et libertin sans religion » ne figurait dans aucune des Old Charges.

Le Dieu de Newton est le GADLU, terme inconnu aux Anciens Devoirs.

Toutes ces considérations éclairent l’Article 1er, dans une Angleterre majoritairement protestante mais divisée au plan religieux. Il fallait trouver un dénominateur commun et laisser ces querelles religieuses à la porte du Temple.

Dans son caractère un peu vague, l’article 1er ne rejette personne, y compris les catholiques, les juifs et les musulmans, pourvu qu’ils soient « libres et de bonnes moeurs ».

L’Article II concerne le Magistrat civil, suprême et subordonné :

Les Old Charges concédaient aux autorités en place le pouvoir de contrôler la vie des Loges et de juger les litiges et enjoignaient aux Maçons le devoir d’obéir aux lois du Pays et à ses autorités. Ce qui a changé entre temps, c’est le droit d’association et le conflit entre les stuartistes et les Hanovriens.

L’Article II préconise une sorte de loyalisme apolitique pour faire triompher l’esprit de tolérance et l’harmonie dans les Loges.

L’Article III parle de la Loge particulière, de la Loge générale ou Grande Loge, des Règlements généraux et particuliers. Il rappelle les qualités requises pour être un bon Maçon :

Bon et fidèle, libre, avoir atteint l’âge de raison.

L’Article IV concerne l’avancement dans l’Ordre, les conditions requises pour le recrutement. La hiérarchie depuis l’apprenti qui devient Frère, puis compagnon (fellow craft). Celui-ci peut devenir Surveillant, puis Maître (Vénérable Maître), Grand surveillant, Député grand maître, Grand Maître.

L’Article V reste très opératif et peu adaptable à la Maçonnerie spéculative : on y trouve aussi bien le travail les jours ouvrables, le repos dominical, le choix des Maîtres, l’interdiction du débauchage, l’instruction des jeunes FF, le monopole d’embauche, l’approbation des outils par la Grande Loge

L’Article VI est relatif à la conduite à tenir comme cela a été indiqué dans le plan et comporte en
conséquence plusieurs sous-sections.

Pratiquement tous les cas de figure sont prévus, aussi bien dans la Loge qu’en dehors de la Loge.

En conclusion, Anderson insiste sur le fait que toutes ces Obligations doivent être respectées dans un esprit d’amour fraternel qui est le véritable ciment de la maçonnerie et sur le fait que les litiges entre FF doivent se régler dans le cadre de la Loge particulière ou de la Grande Loge, de préférence à tout recours à la Justice officielle qui ne doit constituer qu’une dernière extrémité.

LES REGLEMENTS GENERAUX ET LES CHANSONS

Les Règlements généraux ont d’abord été compilés par Georges Payne en 1720, alors qu’il était Grand Maître et approuvés par la G.L. Le jour de la St. Jean Baptiste 1720 à Londres (le jour de
l’élection du Duc de Montagu pour la Charge de Grand Maître en l’an 1721).

Ces Règlements ont été rédigés conformément aux nombreuses « archives et usages immémoriaux de la Fraternité et ceci à l’usage des Loges de Londres, Westminster et des alentours.

Ils comportent 39 articles et se réfèrent principalement au fonctionnement des Loges et aux conditions d’accès aux différentes charges, à la fois pour les Loges particulières et pour la Grande Loge.

On constatera qu’une place importante est laissée aux conditions de fonctionnement de la Grande Loge. Toutes les éventualités concernant sa direction sont évoquées. Il ne faut pas oublier que le concept de Grande Loge était entièrement nouveau, ce qui explique ce souci de précision dans le détail.

Leur ordre est assez confus.  En voici un bref résumé :

ART. l : 11 est consacré au rôle du Grand-Maître :

Le Grand Maître ou son Député ont le droit d’assister à toute Tenue régulière et de la présider, le Maître habituel de la Loge étant placé à leur gauche.

De l’Article 2 à l’Article 11 on passe à la vie des Loges particulières.

ART. 2 : Pouvoirs de réunir la Loge par le Maître de la Loge particulière et son remplacement éventuel en cas de carence.

ART. 3 : Tenue par la Loge d’un livre comportant la liste de ses membres ainsi que la liste des autres Loges de la ville.

ART. 4 : Indique que l’on ne peut initier plus de 5 nouveaux FF à la fois, ni aucun F de moins de 25 ans, sauf dispense du Grand Maître.

ART. 5 : Les enquêtes nécessaires en vue de chaque initiation.

ART. 6 : Le vote en vue de l’entrée d’un nouveau F .11 doit être unanime pour tous les FF présents.

ART.7 : La « Charité » qui doit être remise par tout nouveau F et la promesse par ce dernier de se soumettre aux Constitutions, Obligations et Règlements.

ART. 8 : Prohibition de toute coterie ou scission sauf si le nombre élevé des FF l’impose, (avec l’accord du G.M.).

ART. 9 : Concerne la discipline et en cas de manquement les mesures à prendre (admonestation par le Maître ou les Surveillants et sanctions prévues par le Règlement Intérieur de la Loge).

ART. 10 : Prévision de l’organisation de Tenues de Grande Loge trimestrielles et annuelle auxquelles doivent participer les délégués de chaque Loge particulière.

ART. 11 : Prévision de visites réciproques par les Loges particulières en vue de développer l’harmonie.

ART. 12 : Organisation d’une Grande Loge et sa constitution. Les décisions prises en Grande Loge le sont à la majorité des voix.

 Les Articles 13 à 21 s’intéressent au fonctionnement de la Grande Loge.

ART. 13 : Détaille le contenu de la Tenue de Grande Loge (nomination des Apprentis et Compagnons, apurement des différends, trésor des Loges et son bon usage par l’Hospitalier, rôle du
Trésorier, du Secrétaire).

ART. 14 : Concerne en Tenue de Grande Loge, le remplacement du G.M. ou de son Député en cas de carence.

ART. 15 : Idem concernant les Grands Surveillants.

ART. 16 : Prérogatives des Grands Surveillants et leurs limites.

ART.17 : Stipule qu’aucun GM, Député GM, Gd. Surveillant, Gd Trésorier, Gd Secrétaire, ne peut en même temps être Maître ou Surveillant d’une Loge particulière tant qu’il exerce son office.

ART. 18 : Stipule, en cas de carence du Député GM, ce qui est prévu pour son remplacement.

ART. 19 : Stipule ce qui est prévu en cas d’abus de pouvoir du G.M.

ART. 20 : Indique l’obligation pour le GM, son Député et ses Surveillants de visiter les Loges Particulières au moins une fois au cours de l’exercice de leur office.

ART. 21 : Concerne ce qui est prévu pour le remplacement du GM en cas de carence ou décès.

Les Articles 22 à 38 sont relatifs à la fête annuelle et à l’élection du Grand-Maître et avec un luxe de détails pour ne rien laisser au hasard.

ART. 22 : Concerne la prévision de l’organisation chaque année de la Fête de St. Jean avec l’accord des Maîtres et Surveillants des Loges particulières et ce en vue de nommer le futur G M.

ART. 23 : Organisation de cette fête de St. Jean sous l’autorité du G M.

ART. 24 : Rôle d’organisateurs des Grands Surveillants et de leurs aides pour la Saint Jean.

ART. 25 : Rôle dévolu aux « compagnons nommés » (1 par Loge) pour l’organisation de la St. Jean et formant un comité.

ART. 26 : Nomination par le GM de 2 Couvreurs en vue de la St Jean.

ART. 27 : Organisation des agapes de St. Jean.

ART. 28 : Prévoit l’organisation de conciliabules en vue de régler les litiges avant la Fête de St. Jean

ART. 29, 30, 31, 32, 33, 34 : Concernent l’organisation du vote en vue de l’élection du futur GM et toutes les éventualités pouvant survenir, et ce, toujours lors de la Fête de St. Jean.

ART. 35 : Stipule que le GM une fois élu nomme son député et ses surveillants et ce, en accord avec les membres de la GL

ART. 36 : Indique ce qui est prévu en cas de carence du GM, de son Député ou de ses Surveillants

ART. 37 : Une fois la nouvelle GL installée, il est prévu la discussion de motions adressées par les FF qui en expriment le désir à l’examen de la GL (motion qui sera discutée immédiatement ou
ultérieurement).

ART. 38 : Allocution du nouveau GM, ou de son Député ou d’un F désigné.

L’Article 39 concerne les pouvoirs de la Grande Loge

ART. 39 : Stipule que chaque GL annuelle a le pouvoir de faire de nouveaux Règlements, pourvu que les anciens Landmarks soient respectés et que les nouveaux Règlements soient proposés et acceptés à la 3ème Tenue de GL trimestrielle qui précède la Fête annuelle.

Les Règlements sont suivis d’un post-scriptum qui concerne « la manière de constituer une nouvelle Loge telle qu’elle est pratiquée par sa Grâce le Duc de Wharton, actuel TRGM selon « les anciens usages des Maçons » et d’une approbation du travail de l’auteur (Anderson) par le GM, son Député, ses Surveillants, ainsi que les délégués des Loges particulières :

« Nous ordonnons que les Constitutions soient reçues dans chaque Loge particulière de notre Obédience, comme les seules Constitutions des Maçons libres et acceptés parmi nous, pour être lues lors de l’initiation des nouveaux FF ou quand le Maître le jugera utile et les nouveaux FF devront les examiner avant d’être initiés ».

Signé par Philippe Duc de Wharton GM, JT Desaguliers Docteur en Droit et Membre de la Société Royale, Député GM, Josué Timson et Guillaume Hawkins Grands Surveillants, ainsi que par les Maîtres(VM) et Surveillants des 20 Loges de Londres, Westminster et de la périphérie.

Les Chants :

Le Chant du Maître ou l’Histoire de la Maçonnerie :

Il comprend 5 parties :

  1. Depuis Adam, Caïn, Noé, Babel, L’Art Royal
  2. Nemrod, Japhet, Jacob, Aholiab, Samson
  3. Hiram, le Temple, la Géométrie, l’Egypte, la Grèce, Rome et Vitruve, le grand Plan, l’Orient
  4. Rome, les Goths, la Chrétienté, I’Angleterre, I’Ecosse, l’Irlande, Galles, Athelstan, Edwin, Jacques
  5. Charles 1er et Charles II. L’Art Royal.

Le Chant du Surveillant ou une autre Histoire de la Maçonnerie, composée depuis que le très noble Duc de Wharton fut choisi comme GM, à être chanté en Tenue de Grande Loge.

Il comporte 13 couplets

On y retrouve les thèmes évoqués ci-dessus :

Adam, Noé, Babel, Abraham, I’Egypte, Moise, Aholiab, Salomon, Hiram, le Temple, Rome, le style gothique, les Saxons, Danois, Ecossais, Gallois, Irlandais, Athestan, Edwin, les Rois Normands, Jacques, Indigo Jones, la Géométrie, l’Art Royal.

Le Chant des Compagnons pour être chanté et joué à la Grande Fête, qui glorifie la Maçonnerie, le Maçon, le secret, la loge.

Le Chant des Apprentis « pour être chanté quand toutes affaires graves sont réglées et avec la permission du Maître » :

Citons-en le 1er couplet :

« Préparons-nous nous FF qui sommes

Assemblés en une joyeuse occasion

Buvons, rions et chantons

Notre Vin a un élan

Ici est la Santé d’un Maçon Accepté »

Ainsi que le dernier :

« Alors unissons-nous, main en main

Tenons-nous ferme les uns les autres

Soyons joyeux et montrons un brillant visage.

Quel mortel peut se vanter

D’un si noble toast

Qu’un Maçon franc et accepté ? »

L’Edition de 1738

Nous l’avons déjà précédemment évoquée.

Elle est importante surtout par la nouveauté introduite dans l’Art. l des Obligations :

Référence au Noachisme qui impliquait l’abandon de la nécessité pour le Franc-Maçon d’être Chrétien, avec son corollaire : Le latidudinarisme. La Franc-Maçonnerie élargissait son champ spirituel. Elle n’était plus nécessairement chrétienne.

Elle devenait Théiste.

Une autre nouveauté introduite dans l’édition de 1738 était la référence au Grade de Maître et une importance prééminente accordée à la Grande Loge.

 

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