Orient Eternel

Notre Frère LUCIEN R. avec courage et force a connu son ultime initiation cette nuit.

Mes Frères tournons nos regards vers la voûte étoilée et pensons également à nos Sœurs et Frères qui souffrent dans leur chair.

ANTOINE DE SAINT-EXUPÉRY disait « Dans la mort d’un homme, un monde inconnu meurt, et je me demandais quelles étaient les images qui sombraient avec lui. » 

Nous gardons, dans notre cœur, le souvenir réel et impérissable de notre Frère Lucien physiquement disparus.

L’amitié qui nous unissait perdure dans une fraternité initiatique éprouvée, une « Agapé » éternelle, hors du temps et de l’espace.

L’amour, qu’il nous a voué qui reste présent en nous, demeure ainsi vivant à jamais.

Souvent, la présence de nos frères disparus semble réelle, jusqu’à ce que, comme un rideau que l’on ferme sur l’invisible et que l’on ouvre sur le visible, les Batteries de Deuil et d’Espérance nous ramènent confiants et sereins, le cœur plein d’assurance, aux lumières qui sont pour l’heure notre réalité.

Nous proclamons que l’Homme naît, grandit, vieillit et meurt. Mais mourir, n’est-ce pas renaître à une autre forme de vie ?

JEAN COCTEAU disait « Le vrai tombeau des morts, c’est le cœur des vivants. » 

Le but ultime de nos vies est de retourner dans le réceptacle de toute vie. Sur l’autre versant de la Vie, non pas après la mort, car alors il n’y a plus de temps, mais au travers de la mort.

Notre destinée dépasse notre destin, car elle est, par-delà la dualité du monde manifesté, de retourner à l’Unité.  Le temps sacré est cyclique et des Ténèbres de la nuit émerge la Lumière du jour.

La Vraie Lumière émanant du Principe créateur ensemence les profondeurs obscures de la Terre. De l’Esprit et de la Matière, les noces éternelles régénèrent en permanence la source de Vie.

Et comme le fleuve s’écoule inexorablement de sa source à la mer, la Vie s’écoule de la naissance à la Mort. Mais le Fleuve continue d’exister et l’eau poursuit son cycle à l’infini.

KALILH GIBRAN disait « Si vous voulez vraiment apercevoir l’âme de la mort, ouvrez grand votre cœur au corps de la vie. Car la vie et la mort sont un, comme sont un le ruisseau et la mer. »

Dans cette perspective, la mort est le point de fuite à partir duquel se construisent nos vies. La mort en est la clef de voûte. Bien qu’insérée à la fin, elle est la pierre qui donne cohérence à l’ensemble.

La mort se situe au cœur de nos vies, elle est la Permanence au sein de l’Impermanence. Au-delà de la tombe commence pour nous la Nuit sacrée…

Rendons hommage à ceux qui nous ont précédés dans la nuit où nous irons à notre tour.

Pour les plus anciens, malgré la sagesse que donne le long chemin parcouru, la mort de leur frère leur rappelle à nouveau que « le grand mystère de nos destinées ultimes ne se dévoile pas avant l’heure de l’Initiation Suprême. »

Mais ce qui nous rassure et nous donne force, en particulier au moment de la Chaîne d’union, c’est la vision d’autres frères nouvellement initiés, héritiers d’une Tradition où le lien n’est jamais rompu ; tous sont vivants en nous.

Par-delà la Nuit sacrée, l’œuvre du Franc-maçon, encadré par la mort initiatique et le dernier voyage, transcende chacun d’entre nous par l’Amour offert, cette Foi en l’Autre qui nous ramène à l’Unité, l’apprentissage du Sacré continue à vivre en chaque Initié.

Les frères passés et présents sont ses inspirateurs « du Vrai, du Bien et du Beau », ses charitables passeurs de Vie, humbles guides de ce combat d’Espérance. Quand vient la nuit, il nous appartient de reconnaître son essence, de la savoir sacrée, car nous venons d’elle et nous y retournons.

Elle est indissociable de notre propre mystère qu’elle renferme comme une forteresse sur laquelle vient se heurter notre questionnement sur le sens de ce qui nous est offert de vivre.

La Nuit sacrée nous appelle à l’heure du déchirement ; celui du voile de nos illusions quand il laisse entrevoir, comme une réminiscence, la clarté d’une vérité qui n’est plus celle de notre monde humain, mais qui est notre lendemain.

Lorsque ce qui s’est uni se désunit, il est difficile de contenir la douleur face à notre incompréhension de l’ordre sous-jacent au monde. Lorsque quelqu’un nous est « arraché », envers lequel notre sollicitude, toute humaine, ne pourra plus s’exercer, puisse notre quête de la Connaissance nous conduire à porter aux choses et aux êtres qui nous sont chers, une Attention véritable qui seule nous rapproche d’une unité des cœurs en éternité.

Lorsque viendra la Nuit sacrée, nous la reconnaîtrons, comme notre Frère LUCIEN, GÉRARD et MICHEL ont su la reconnaître.  Elle est la pleine Lumière.

Gémissons, Gémissons, Gémissons, Mais espérons

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